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L’impatience partagée pour le démarrage de Glifpix

Est-ce l’effet du printemps ou parce qu’il est temps pour notre projet d’éclore ? Après ces derniers mois de gestation discrète, plusieurs interpellations nous sont parvenues ces derniers jours pour savoir où en était Glifpix, voire même si le projet était toujours d’actualité. Tout d’abord, la réponse est clairement oui. L’impatience des journalistes aux expériences et aux spécialités riches et variées qui veulent proposer des sujets ainsi que des photographes prêts à contribuer ou des lecteurs curieux, nous motive et nous encourage à accélérer le pas. Cela devrait se faire dans les toutes prochaines semaines avec le développement abouti de notre plateforme éditoriale et technologique. Sans pouvoir encore donner de rendez-vous précis, l’équipe de glifpix s’emploiera au mois d’avril à la mise en place des d’un  calendrier de démarrage. Nous prenons le temps des derniers ajustements pour être à la hauteur des attentes.

Le projet Glifpix suscite la curiosité des journalistes

Ils sont plusieurs à nous avoir contactés ces dernières semaines, des journalistes de la presse magazine ou web, des jeunes étudiants en journalisme, des indépendants, des photographes, des designers… pour en savoir plus sur Glifpix.

 Interpelés par la nouveauté de notre projet et/ou intéressés par son potentiel de développement éditorial et technologique comme par les opportunités de collaboration qu’il pourrait ouvrir, en particulier pour les journalistes free-lance, ils nous interrogent légitimement. La démarche innovante de Glifpix d’ouvrir une plateforme pour tester les modèles du journalisme de demain est surprenante pour certains et captivante pour beaucoup d’autres. Cet intérêt manifesté par les journalistes nous encourage et leurs questions nous stimulent puisque leur participation est et sera nécessaire pour avancer dans la réflexion, l’expérimentation et la production sur la plateforme de Glifpix.

Un exemple encourageant de financement de reportage

Coup de chance ou cas d’école ? L’histoire est à suivre en tout cas. La publication par le New York Times du reportage d’une journaliste free lance sur une décharge d’ordures dans le Pacifique, financé grâce aux dons des souscripteurs sur la plateforme de Spot.US provoque un intérêt compréhensible dans les milieux des médias en ligne. Il retient tout naturellement notre attention pour Glifpix qui s’est inspiré au départ du modèle précurseur  de Spot.US lancé en Californie il y a plus d’un an pour le financement de reportages par la communauté des lecteurs. Plusieurs éléments que l’on peut découvrir dans le petit débat sur la page poynter.org méritent qu’on s’attarde sur l’exemple : le coût relativement élevé du reportage en question : 6 000$-US, la souscription substantielle par une seule donatrice : 2000$ de la célèbre comédienne américaine Bette Midler, la ténacité de la journaliste Lindsey Howshaw qui après avoir essuyé le refus du NYT de contribuer aux frais de son travail, s’est tourné vers Spot.Us  pour appeler aux dons et a réussi son essai. Ces indices nous confortent dans l’idée que certains utilisateurs sont prêts à payer pour une information qui leur plait ou leur manque. « Seeking new ways to pay for news », comme le dit un professionnel de la presse américaine rejoint notre travail sur Glifpix qui veut contribuer à cette recherche.

Spot.us : des articles financés par les internautes depuis un an

2677830431_0449715f1bLa presse de qualité a un prix : celui que sont prêts à payer ses lecteurs. C’est en partant de cette conviction que se lançait en 2008 spot.us, un site américain d’information en ligne qui fournit à ses internautes une plateforme leur permettant de proposer, choisir et financer des sujets de reportage et d’enquête. Après un an d’existence, l’heure est au premier bilan.

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Des journalistes « wikiables »

L’une des principales innovations de Glifpix est d’introduire un « wiki » original sur un site d’information, (ce qui nous a valu d’être retenus parmi les projets lauréats du Web 2.0 du ministère français. ) Cette nouveauté soulève nombre d’interrogations pour le travail du journaliste, futur collaborateur de Glifpix, même une fois qu’il a compris le mode de fonctionnement de ce wiki.

Car même si les commentaires, critiques et contestations des lecteurs sont bien entrés dans les habitudes du journalisme web, l’idée de tenir compte de « corrections » qui s’affichent en temps réel peut être déstabilisante. Dès lors que la vérification et la précision des informations fournies pour toute production est une exigence évidente pour le journaliste-auteur comme pour la supervision éditoriale par l’équipe de Glifpix, les modifications proposées par le « wiki » peuvent être considérées comme une remise en question de la crédibilité du contenu.

C’est probablement une nouvelle attitude que seront amenés à adopter les journalistes de Glifpix puisque les propositions de correction et les commentaires feront la valeur ajoutée de leur production. La quantité de bulles rouges et vertes qui animeront les marges des articles seront les témoins de l’intérêt et du débat qu’il suscite parmi les lecteurs. Ces derniers seront autant de relecteurs, voire de rédacteurs en chef, qui soulignent, surlignent, annotent, corrigent et réécrivent.

Mais ce sera au journaliste d’accepter ou de rejeter ces modifications selon qu’elles contribuent ou pas à l’enrichissement et l’amélioration de sa production. Il garde donc toute sa responsabilité puisqu’il a le dernier mot.