Le journalisme a un prix
Le dogme de la gratuité de l’information sur Internet commence à être sérieusement contesté. Il y a un mois, Rupert Murdoch, propriétaire du groupe News Corp., qui a perdu 3,4 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) en 2008, a annoncé que les sites Internet de ses journaux actuellement gratuits deviendront payants à l’été 2010. Il entend aligner, notamment, les titres qu’ils possède au Royaume-Uni (The Times, The Sun, News of the World) sur sa plus belle acquisition aux Etats-Unis, le Wall Street Journal, dont l’essentiel n’est accessible en ligne que sur abonnement. « Le journalisme de qualité coûte de l’argent », a-t-il dit.
A présent, Google soumet à l’Association des journaux des Etats-Unis un système de paiement en ligne. L’information, révélée par le site de la Nieman Foundation – une fondation consacrée à l’étude et au progrès du journalisme à l’Université Harvard – est d’autant plus intéressante que les rapports entre le géant de Mountain View et les producteurs d’information sont notoirement exécrables. Google News est en effet accusé d’exploiter les sites des médias sans rien payer. Les responsables du moteur de recherche répondent que leur affichage est à l’origine d’une part importante du trafic dont ces médias bénéficient.
Ce que Google propose maintenant ressemble à l’offre de Journalism Online, qui a mis au point un système de paiement soit à l’article, soit par « pass » d’une journée, soit par abonnement mensuel ou annuel, pour les sites des journaux. Le principe est toujours le même : le journalisme est une activité professionnelle qui a un coût ; ce qu’il produit doit donc avoir un prix.
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